Verification of Payee : un an après, quel bilan pour la VOP ?
Le 9 octobre 2026 marque le premier anniversaire du dispositif Verification of Payee, ou “VOP”, mis en place par l’European Payments Council (EPC) au sein de la zone euro.
Un an après, les premiers indicateurs témoignent d’un succès à grande échelle : environ 8 milliards de vérifications et des réponses presque toujours délivrées en moins d’une seconde.
Mais ils éclairent aussi les prochains chantiers : expliquer les vérifications impossibles, étendre le scope géographique du dispositif et renforcer la coopération au sein du secteur financier contre la fraude.
Une information qui change l’expérience du virement
Lorsqu’un utilisateur prépare un virement, une question se pose toujours : « Est-ce que j’envoie mon paiement à la bonne personne ? »
La VOP lui apporte un élément de réassurance avant l’autorisation du paiement. Sa banque interroge la banque du destinataire pour vérifier la concordance entre l’IBAN et le nom. Le résultat est alors communiqué instantanément au payeur.
Ce retour d’information est désormais considéré comme normal par les Européens et la présence de cette vérification avant chaque virement est une victoire importante quand on sait le travail que sa mise en place a nécessité pour plus de 3 000 institutions financières à travers la zone euro.
La VOP en chiffres : un succès déjà industrialisé
Les données présentées par l’EPC en août 2026 permettent de mesurer le chemin parcouru. Environ 2,2 milliards de demandes VOP ont été recensées au T2 2026. À volume constant, cela représente + de 8,8 milliards de vérifications sur un an.
Autre indicateur marquant : 95 % des réponses arrivent en moins d’une seconde. Pour un contrôle intégré au parcours de paiement, c’est un point essentiel.
Ces chiffres montrent que le dispositif européen fonctionne à grande échelle et peut absorber des volumes considérables avec des temps de réponse courts.
L’EPC communique également la répartition des résultats des demandes VOP :
- Match / Correspondance exacte = 66,2%
- Close match / Correspondance partielle = 16,2%
- No match / Absence de correspondance = 15,4%
- Not applicable / Vérification impossible = 1,4%
- Error / Demande invalide = 0,8%
Si l’on considère qu’un bénéficiaire de virement est confirmé dès lors que l’on obtient un résultat “Match” ou “Close match” (le nom du titulaire est retourné par sa banque en cas de résultat “Close match”), cela représente plus de 82 % de confirmation sur l’ensemble des demandes de VOP. Les évaluations retournées peuvent donc être considérées comme très pertinentes dans la majorité des cas.
Dès lors, on peut se demander comment améliorer la qualité des évaluations restantes et augmenter la portée de ce dispositif face à une fraude qui, elle aussi, se professionnalise et s’industrialise.
VOP 2.0 : rendre les vérifications plus compréhensibles
Si le statut “No match” semble assez clair, le statut “Not Applicable”, pour « vérification impossible », l’est moins. Il illustre la marge de progression du dispositif dans l’interprétation de ses résultats.
Aujourd’hui, cette réponse couvre plusieurs cas de figure assez différents (compte clôturé, numéro de compte incorrect, compte hors scope VOP ou encore une absence de données).
Les travaux de l’EPC pour permettre la mise en service de VOP 2.0 dès 2027 prévoient d’accompagner ces réponses de motifs plus détaillés. Cette évolution pourrait améliorer très concrètement le niveau d’information disponible pour les utilisateurs.
Une extension du périmètre géographique à venir
Le 9 juillet 2027, les PSP situés dans les États membres de l’UE dont la monnaie n’est pas l’euro devront mettre en place la vérification du bénéficiaire. Six pays de l’Union européenne sont concernés par cette catégorie : le Danemark, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Suède et la République tchèque.
Il s’agit d’étendre l’obligation pour les virements en euros, et non de rendre la VOP obligatoire pour tous les paiements en devises locales.
Le dispositif FRIDA, nouvelle arme pour compléter la VOP
La VOP a installé un mécanisme de communication entre les institutions financières européennes. Le prochain grand chantier, FRIDA — Fraud Information Distribution Arrangement, doit organiser le partage d’informations sur la fraude entre elles.
Également porté par l’EPC, ce dispositif prévoit un cadre commun et une plateforme centrale pour échanger les comptes bancaires suspectés d’être frauduleux. L’entrée en vigueur du dispositif est prévue pour le S2 2028.
La complémentarité est forte. La VOP apporte une réponse sur la concordance des données du bénéficiaire. FRIDA doit faciliter la circulation d’informations susceptibles de révéler un risque de fraude.
Pour les établissements, tout l’enjeu sera de faire coexister ces dispositifs dans leurs outils de lutte contre la fraude pour améliorer leurs capacités de détection et de réponse.